Rapport | Coproduction au Maroc : contexte, réalisations et perspectives

L’Observatoire de la Coproduction en Méditerranée, animé par IPEMED et R.M.D.A., vient de publier son rapport consacré au Maroc.

Ce document analyse le positionnement du Royaume dans l’environnement macro-économique méditerranéen ainsi que les dynamiques d’investissements étrangers dans le pays, et les stratégies économiques conjointes à l’oeuvre et envisageables vers les pays du Sud.

Résumé :

Relativement épargné par les récentes crises mondiales et régionales, le Maroc est récompensé par sa stabilité institutionnelle et les réformes économiques engagées depuis une dizaine d’années. Cette politique volontariste, inscrite dans la durée, a permis de créer des écosystèmes entrepreneuriaux modernes, attirant les investisseurs étrangers dans des secteurs de pointe tels que l’industrie automobile et l’aéronautique mais aussi le secteur ferroviaire et celui des énergies renouvelables.

L’intégration locale, définie comme la participation des entreprises marocaines, aux côtés des entreprises étrangères mais aussi des acteurs publics, dans la perspective de création de valeur, s’intensifie dans tous ces domaines grâce aux actions conjointes des différents ministères et groupements nationaux. L’ensemble de ces synergies révèle d’excellents exemples de coproduction, générant emplois au Nord comme au Sud.

En parallèle, l’implantation de grandes sociétés marocaines en Afrique de l’Ouest et Centrale fait du royaume une porte d’entrée privilégiée vers le sud du continent. Positionné au centre d’une verticale Afrique - Méditerranée - Europe, le Maroc compte exploiter ce positionnement stratégique pour capter les investissements et technologies du Nord et les orienter vers les marchés et les ressources du Sud, dans un partenariat gagnant pour chacun. L’organisation de la COP22 à Marrakech fin 2016 a popularisé à grande échelle ces avantages (notamment sur des secteurs d’avenir et à haute intensité technologique) et intensifié les collaborations entre les entreprises des deux rives de la Méditerranée.

Cet horizon vertueux est néanmoins retardé par les difficultés d’intégration régionale, au sein du Maghreb et vers l’Afrique. Les banques marocaines tardent également à pleinement participer au financement de l’économie, en particulier dans les pays africains où elles sont implantées. Le Maroc doit aussi veiller à ce que ses efforts de décentralisation et de régionalisation traduisent une meilleure répartition des richesses sur le territoire. La rapide transition démographique et le vieillissement de la population, font également planer un risque important de financement des retraites à plus long terme.

Enfin, le climat des affaires, en dépit de grandes avancées, comporte toujours des sujets épineux pour les investisseurs, en particulier pour les TPE ou PME. Ceci est d’autant plus problématique que les flux de transfert et d’investissement des Marocains Résidant à l’Etranger risquent de devenir plus volatiles et plus faibles avec l’avènement des nouvelles générations de la diaspora. Ces dernières ont des aspirations et revendications différentes, et ne considèrent plus uniquement le Maroc comme destination possible. Elles observent attentivement la société marocaine et militent pour son ouverture et sa modernisation.

Lien vers l’article IPEMED

Nous rejoindre | Crédits et mentions légales